Ce pays, dans ma mémoire, est celui de tous les possibles, de tous les optimismes, de la seconde chance, de ce qui est détruit aussi mais qui reste invaincu : nos rêves. C’est la cour de récré de grands enfants en quête du paradis perdu et qui a établi ses richesses à coup de barbarie. On ne refait pas l’histoire, on grandit avec et on se sent un peu pionnier, conquérant, à mesure que l’on traverse en pointillés jaunes les terres déchirées de ce jeune continent.

De la Route 66 au Grand Canyon

14 h de voyage nous attende pour ce road trip non moins attendu. 4 ans que je n’y suis pas retournée. Ce n’est pas la durée du voyage qui me rend nerveuse, ce serait plutôt l’idée de revoir ce pays comme un vieil amour que j’aurais idéalisé et qui finalement ne ressemblerait en rien à ce que j’ai aimé. Je ne veux pas être déçu et le mieux pour cela serait de ne rien espérer, mais difficile de ne pas comparer, le regard que je porte sur les choses, les gens, n’est certainement plus le même.

Un point me rassure cependant : la splendeur, l’immensité de la nature et des parcs que nous nous apprêtons à visiter ne peut avoir changée, ça c’est une certitude, et après avoir tant rêvé d’y retourner j’ai besoin de certitudes.

Juin 2014

Los Angeles- Barstow 1h45 

Tout part de là. Nous récupérons notre voiture de location, taille modeste pour le pays, un SUV Ford « Escape » (of course) chez Budget.

Nous passerons plus de temps à attendre notre véhicule qu’à récupérer nos bagages et passer les contrôles de sécurité à notre arrivée dans l’aéroport de Los Angeles. En route vers Barstow donc,  puisque nous planifions notre boucle depuis et vers L.A.

Première étape sur la mythique 66. Première nuit dans un motel propre et couleur locale, je n’en espère pas tant et m’endors, confiante et épuisée.

Tips et généralités : les distances sont comme on les imagine, déroulant un réseau routier vaste mais confortable composé régulièrement de carpool lane qui sont des voies à l’extrême gauche de l’autoroute pouvant être empruntées par des véhicule à partir de 2 passagers à son bord.

Pour info, le feu rouge est situé après le carrefour, du coup ne vous arrêter pas à son niveau comme en Europe!

En Californie il est toléré de passer au feu rouge seulement si vous tournez à droite et après avoir marqué l’arrêt et vérifier bien entendu que personne ne vient avant vous (je l’ai appris à mes dépens en me faisant klaxonné…). Lorsque cette règle ne s’applique pas un panneau indique « no right turn on red « .

Pour faire une pause sur votre route, café, essence, pipi, il vous faut en sortir mais ne vous inquiétez pas vous rattraper en général très facilement la bretelle d’autoroute qui est très bien indiquée.

Pas de bouteilles d’alcool ouverte dans le véhicule, les forces de l’ordre ne plaisante pas avec ça (alors qu’on meurt d’envie de rouler dans son cabriolet cheveux aux vent, Bud light à la main !).

Conducteur additionnel : il peut vous être demandé une CB valide.

1 nuit Hébergement : Stardust inn

Barstow- Kingman 3h10

Certainement à cause du jet lag (ça ne m’arriverait probablement jamais pour une autre raison), nous ouvrons grand les yeux des 5h00 du matin! Je bataille pour me rendormir, question de principe, mais pas moyen, trop heureuse d’être là, trop envie de ne pas en perdre une miette, et parlant de miette envie de me mettre un premier American breakfast sous la dent. Mon compagnon de route est bien de cet avis également et vu ce qu’il avale sans trembler je me dis, et de loin, que le budget alloué à nos repas est à revoir à la hausse.

Tips et généralités :

Pour attraper la route 66 au départ de Barstow ne pas prendre la interstate 40 en direction de Needles, même si en effet vous roulerez dessus à un moment ou un autre puisqu’elle se croise avec la mother road inévitablement.

« La 66, le long ruban de ciment qui traverse tout le pays, ondule doucement sur la carte, du Mississipi jusqu’à Bakersfield… À travers les terres rouges et les terres grises, serpente dans les montagnes, traverse la ligne de partage des eaux, descend dans le désert terrible et lumineux d’où il ressort pour de nouveau gravir les montagnes avant de pénétrer dans les riches vallées de la Californie. La 66 est la route des réfugiés, de ceux qui fuient le sable et les terres réduites, le tonnerre des tracteurs, les propriétés rognées, la lente invasion du désert vers le nord, les tornades qui hurlent à travers le Texas, les inondations qui ne fertilisent pas la terre et détruisent le peu de richesses qu’on y pourrait trouver. C’est tout cela qui fait fuir les gens, et par le canal des routes adjacentes, les chemins tracés par les charrettes et les chemins vicinaux creusés d’ornières les déversent sur la 66. La 66 est la route-mère, la route de la fuite.  John Steinbeck

Les différentes portions de route ne sont pas évidentes à trouver donc si vous partez de Barstow, un conseil: entrer dans votre GPS l’adresse de Bagdad café : 46548 national trails highway, Newberry Springs, CA.

L’intérêt de se lever tôt c’est au moins d’arriver tôt à l’étape suivante. Kingman est une étape idéale puisqu’on a pas envie de courir. Ici la Route 66 est une « marque » omniprésente. Sans cela la ville n’a, à nos yeux, pas beaucoup d’âme (dans tous les sens du terme d’ailleurs on a pas croisé grand monde). Finalement nous passerons quelques heures à jouer au billard avec un couple américain fort sympathique (que nous avons rousté, honneur des frenchie oblige)!

Tips et généralités :

La plupart, pour ne pas dire, tous les hôtels, motels américain proposent un revêtement de moquette au sol, hormis le fait d’avoir beaucoup de plaisir à y fourrer mes orteils, je pense que c’est une gageure pour ceux qui souffrent d’allergie. Donc à part introduire dans sa trousse de toilette un antihistaminique je ne vois pas trop comment contourner le problème.

Autre point, le prix de l’essence. Il faut savoir que la Californie est l’état le plus cher en terme de taxes*. De fait, faites au maximum votre plein au sortir de cet état. On est passé de USD 3,89 le gallon pour du « regular », a 2,60 USD en moyenne.

Côté consommation avec notre SUV en roulant en moyenne à 65 mph (110km), on fait 500-600 km pour 30usd. Correct.

*taxes et tip: entre l’un et l’autre la note devient vite salé, alors pour ne pas avoir l’amer sensation de vous faire rouler notez bien que les taxes différent d’un état à l’autre, représentent environ 9 %et les tip (pourboires) environ 15% à 20% du montant total de votre commande.

Les pourboires constituent la rémunération principale du personne. Si vous laissez moins de 15% cela signifie en principe que vous êtes mécontent du service. Si vous réglez en CB n’oubliez pas d’indiquer dans la case prévu à cet effet, le montant du pourboire que vous souhaitez laisser et faites l’addition, cela évitera au caissier de remplir cette case lui-même!

Pour information, sachez également que les impôts aux USA intègrent dans leur calcul les revenus estimés du personnel AVEC pourboire, ce qui signifie qu’en laissant moins que le minimum de 15% il est doublement pénalisé.

Vie outdoor: pour les campeur en herbe à qui il manquerait quelques ustensiles, la section gear equipment camping du magasin Walmart et bien fourni et à des prix accessibles, sinon pour un équipement plus complet ou plus spécifique, la chaîne de magasin Big 5 ou Sport Chalet à ce qu’il faut.

Étape Grand Canyon 2 nuits – AZ

Temps de route Kingman -Grand canyon 2h45 entrée par Tusayan sortie Cameron

Des kilomètres de paysage évoquent ce que je m’imagine de la Patagonie au sud de l’Argentine, sec, ventée, rocailleuse et pourtant apaisante d’immensité. Une terre montrant des possibilités d’infinies face à la fragilité de nos limites. La pacha mama d’Amérique du Nord n’a rien à envier à sa sœur du Sud. Insoumise toujours et nourricière pourtant.

À quelques dizaines de miles de notre point d’entrée au parc, les conifères font leur apparition et un petit air frais s’installe, nous sommes à 2135 mètres d’altitude.

Ma dernière visite remontant à 4 ans, un léger remaniement des infrastructures a eu lieu, il y a plus d’espaces aménagés, d’aires de picnic, de petits chemins goudronnés comme une tentative de dompter l’indomptable Canyon. Je cherche en vain le petit sentier boisé que j’ai déjà traversé et qui m’amenait à pic au bord de la falaise.

Déception.

Mon sentier est balisé, les abords du Canyon sécurisé par de longues barrières métallisées sur lesquelles des dizaines de personnes s’agglutinent, fascinés par le vide, solidement cramponné à leur perche « selfie ». Je lui tiens la main pour un colin-maillard de quelques mètres, il ouvre les yeux et la bouche aussi, très vite pour dire « CANON » et oui, il porte bien son nom, le Grand Can(y)on !

Le puzzle de ce site s’enrichit à mesure de mes venues, les images de superposent, s’affinent et s’enrichissent au pinceau du crépuscule, au berceau du lever du soleil, à la faveur du partage.

Pour cette deuxième visite du parc nous décidons de l’expérimenter de l’intérieur, objectif Colorado. La première fois je me suis contentée d’une longue ballade confortable le long du rim permettant sur ses 35 km (du Visitor Center à Desert View) d’avoir une magnifique vue d’ensemble de ce côté-ci de la rive. Cette fois ci nous attaquons Kaibab Trail à pleine dent (à ne pas confondre avec kebab même si ça se prononce de la même manière).

Armé de 3 litres d’eau et de snacks nous commençons la descente, serein à 7:00 du matin. Le plus tôt est le mieux compte tenu de la chaleur qui augmente à mesure que nous nous enfonçons dans les gorges rouges du Canyon.

L’aller-retour jusqu’au point le plus bas du Canyon n’est pas recommandé en une journée et, arrivés à Skeleton point, on comprend pourquoi.

Tips et généralités :

La douche est payante, et après des journées à crapahuter on est prêts à payer les 8 quarters (2usd). Il y a sur place de quoi faire de la petite monnaie sur des billets de 1usd.

À mettre dans vos bagages : une bonne crème solaire à indice de protection élevé, une crème très hydratante, le climat diffère vraiment du notre, particulièrement sec, chaud et venteux.

Si vous campez : pensez à acheter votre bois pour le feu de camp dans un magasin de type Walmart, en tout cas hors des parcs ou il coûte plus cher. Et oui tant de petit bois dans les parcs, une envie irrésistible d’en ramasser vous saisit mais abstenez-vous, cela est interdit et les Rangers ne plaisantent pas avec ça et tournent régulièrement !

Vous verrez plein de petits animaux (écureuil, biches…) résistez à la tentation de leur donner à manger et rappelez-vous que sous des airs inoffensifs, ils mordent !

     

Si vous arrivez dans ce parc ou dans l’un des nombreux faisant parti des parcs nationaux, pensez à acheter le pass (80 USD), qui devient rentable des 3 parcs prévus à votre programme (tarif des entrées de 25 à 30 USD par véhicule).

… A suivre

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